);

[Avis PC] Pathfinder Kingmaker : Donjon ou Dragonours mais pas les 2

Après une campagne Kickstarter couronnée de succès qui montre la nostalgie du public pour l’âge d’or des RPGs, les russes de Owlcat Games sont parvenus à financer leur RPG ‘ old school ‘ faisant écho à des titres comme Divinity : Original Sin et Pillars of Eternity. Bien que presque inconnu du public, le studio réserve la bonne surprise de mettre Chris Avellone à la tête du scénario de leur nouveau titre. C’est ainsi qu’avec joie et appréhension nous découvrons l’univers de Pathfinder : Kingmaker le 25 septembre. Inspirée d’une campagne papier éponyme sortie quelques années auparavant, le titre saura t il nous transporter et nous divertir comme le ferait une bonne soirée entre amis autour d’une table de rpg ?

 

L’aventure dont vous êtes le héro
Pathfinder : Kingmaker nous propulse directement dans l’action alors que Jamandi Aldori, descendante direct des fondateurs de Restov, cherche à étendre son influence jusqu’aux Terres volées, dûment appelées ainsi depuis qu’elles sont tombées sous la coupe d’un bandit, le Seigneur des Cerfs. La jeune dirigeante décide de faire appel à diverses aventuriers de toutes origines et de leur lancer un défi des plus alléchants : celui qui saura débarrasser les terres de ce fléau hors-la-loi se verra nommer baron des Terres Volées. Il devra alors prêter serment à Jamandi Aldori, tout en profitant de son nouveau statut et de ses nouvelles terres pour dégager revenus et gloire. Bien évidemment vous êtes de ses aventuriers conviés à participer à la quête.

Vient ce moment délicat qui prend toujours plus de temps qu’on aimerait l’avouer et qui nous pose toujours autant de questions philosophiques : la création de personnage. On peut dire que ce côté le joueur est plutôt gâté : 8 races, 14 classes différentes, chacune possédant 4 sous-classes sans oubliés quelques classes d’élite, des centaines de sorts, d’abilités compétences et traits, un éventail plutôt complet pour créer le personnage le héro de vos rêves … Ou presque puisque les possibilités de personnalisation de l’apparence s’avèrent quant à elles limitées au strict minimum.

Une fois cette dure épreuve de la création de votre héro réussie vous pouvez enfin vous lancer à l’aventure et celle-ci commence mal, très mal : le château de votre hôte, Jamandi Aldori est attaqué. Prétexte pour un tutoriel, cette attaque permet à la fois de découvrir l’interface, les mécaniques et les interactions qu’offre le jeu, un menu déjà conséquent pour les premières 30 minutes passées à Restov. Vos actions ne sont cependant pas sans importance, déjà vous devrez affronté la traîtrise et votre bonté ou son absence marquera déjà les esprits de ceux que vous aurez croisé, qui se trouveront être vos compagnons d’aventure. Une fois cette première menace éliminer et le château rendu au contrôle de son propriétaire, vous pourrez partir avec les compagnons qui auront choisi de vous accompagner. Parmi eux, votre narrateur, Linzi une barbe qui sera celle qui fera entrer votre histoire à la postérité, si vous survivez …

Dans la souffrance et la pénible attente, vous régnerez
Vous partez donc à l’aventure avec un groupe réduit pour rejoindre un comptoir proche afin de commencer votre quête. Les choses auraient pu être simples si les voyages dans Pathfinder : Kingmaker ne reprenaient pas à la lettre les règles qui l’ont inspiré, chaque voyage s’accompagnera donc de potentielles rencontres … de nombreuses rencontres. Au début, vous y verrez une source d’expérience et de matériel pour votre groupe, mais très rapidement cette interruption dans le rythme de jeu deviendra une nuisance que vous voudrez éviter à tout prix.

En plus d’être périlleux, les voyages à travers les Terres volées sont longs et difficiles, introduisant une mécanique de fatigue et d’épuisement handicapant votre groupe s’il ne prend pas le temps de se reposer, vous pourrez au besoin monter un petit camp pour vous reposer, faire la cuisine, chasser, sans oublier d’établir des tours de gardes pour vous prémunir d’une éventuelle embuscade.

Et là on touche un point sensible et récurrent dans Pathfinder : Kingmaker et dans les jeux et œuvres du même type, à quel point doit on rester fidèle au matériel d’origine ?
Dans notre cas la fidélité est saisissante, les joueurs de la version papier retrouveront tout ce qu’il faut pour recréer leur personnage préféré, mais elle s’accompagne de lourdeurs notamment lorsque vous aurez à vous déplacer sur la carte du monde avec ses rencontres aléatoires et le système de fatigue qui ruinera toute immersion surtout si on considère les temps de chargement à rallonge entre chaque zone, combat, voyage.

Mais si on passe outre cette lourdeur et qu’on avance un peu dans le jeu, après quelques heures, le sauvetage/ enrôlement des personnages qui n’avaient pas décidé de vous suivre au début vous arrivez enfin à obtenir ce que vous convoitiez avec avidité, le titre de baron … et les ennuis qui vont avec. En plus de devoir progresser à travers une intrigue plutôt bien menée vous devrez effectivement endossé le rôle de baron et veiller avec bonté ou cruauté vos terres. Une nouvelle couche de jeu se rajoute alors, avec la gestion non seulement de vos territoires ( acquis par diplomatie ou conquête ), de vos villes, des infrastructures mais aussi de diverses crises, opportunités et évènements qui viendront pimenter et alourdir votre aventure déjà bien chargée. Heureusement, vous serez épaulé d’un conseil bien garni pour vous aider à prendre les meilleures décisions possibles afin d’assurer la survie et la prospérité de votre baronnie en ces temps troublés. Fait rare pour être noté, la survie de votre territoire est essentielle car une mauvaise gestion peut entraîner un game over et ruiner votre groupe si bien équilibré.

Armé de la plume et de l’épée
On a beaucoup parlé de la forme mais pas beaucoup de l’action, combats et autres aventures sont bien sûr au rendez-vous le tout avec un système old school mais plutôt efficace. Pas de tour par tour, mais beaucoup ont pu s’en plaindre, mais plutôt un combat où un tour dure en moyenne 6 secondes réelles et chaque action prend un certain temps dans ces dites secondes. Il faudra donc bien choisir ces actions surtout dans les premiers niveaux où les temps mort seront très très long, on se retrouve vite dépasser et la pause tactique devient vite obligatoire pour préparer les actions à venir rendant les combats très intenses, on se délectera avec ardeur d’une victoire contre un monstre puissant aussi bien que contre une horde nous ayant encerclé. Le système simple et efficace retransmet bien les sensations que peuvent donner une vraie situation de combats dans une partie de jeu de rôle entre amis.

Le combat n’est cependant pas tout dans une aventure, l’histoire et la narration sont une part importante et primordiale pour l’immersion, déjà fortement entachée par certains point cité précédemment. Et là, on saura saluer le travail de l’excellent Chris Avellone, une histoire simple et efficace qui cache de nombreux et sombres secrets que le joueur devra découvrir au fur à mesure de ses pérégrinations. Le problème est plutôt dans la progression du joueur, à défaut de choisir un monde ouvert libre d’exploration pour le joueur, les développeurs offre une semi liberté dans de petites régions au fur et à mesure que l’intrigue avance et qu’elles intègrent votre baronnie. On regrettera que trop peu de personnage et dialogue soit doublés, surtout dans d’autres langues que l’anglais, une faiblesse loin des standards actuels du genre.

Conclusion
Malheureusement, les débuts de Pathfinder : Kingmaker furent chaotique, sorti trop tôt avec pléthores de bugs et problèmes, le jeu a mis 3 semaines de patchs quotidiens avant d’offrir au public une version stable et jouable, le temps de perdre une grande partie des joueurs qui attendaient le titre avec impatience. Votre rédacteur a même du recommencer plusieurs fois son test suite a des bugs empêchant toute progression. Une fois passer outre les problèmes techniques, Owlcat games nous offre une œuvre copieuse et ambitieuse qui souffre cependant de sa trop grand fidélité aux mécaniques du matériel d’origine. Il est difficile de rentrer dans l’histoire et on en ressort très facilement, souvent décourager par les lourdeurs de mécaniques dont on se serait passer. Bien trop occupé à gérer votre baronnie vous passerez parfois de long moment à ne rien faire d’autres que de passer les jours en regardant par la fenêtre les saisons défiler.
Pleins de bonne volonté, le titre place sa générosité dans des mécaniques qui ajoutent de la lourdeur à un titre déjà conséquent et complet. Pathfinder : Kingmaker est loin d’être mauvais et offrira aux rares courageux qui sauront s’investir une expérience riche et pleine de challenges, avec une rejouabilité appréciable … mais bien loin de ce que la concurrence des Pillar of Eternity et Divinity Original Sin peut offrir.

ACHETER PATHFINDER KINGMAKER

 

Jihnkoda

Rédacteur en Chef / Webmaster du site Amicalement-Geek.fr et du blog jihnkoda.fr

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de