samedi 18 novembre , 2017
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[Avis PC] Torment: Tides of Numenera

Il était une fois, Planescape : Torment ( Black Isle Studios, 1999 ), un RPG riche et futuriste qui enchanta toute la communauté et se hissa au rang des légendes de ce genre si exigeant grâce à une histoire riche et originale. Une éternité et demi plus tard, plusieurs civilisations se sont élevés, ont rayonnés sur le multivers et se sont éteintes, et voici qu’arrive le successeur de la légende. 17 ans plus tard ( 28 mars 2017 ), financé grâce à un plébiscite massif sur kick starter ( 4 188 927 $, record de l’époque dépassant Pilar of Eternity ) et après avoir été repoussé plusieurs fois pour un retard final de près de 3 ans par rapport à la date prévue initialement, inXile Entertainement nous propose Torment : Tides of Numenera, ( TToN ) une suite spirituelle.

 

Oh my god … “ yes it’s me ”

Et si vous n’étiez qu’une aberration engendrée par l’immortalité d’autrui et abandonnée à un destin funeste. Vous êtes le Dernier Reliquat, la coquille vide d’un être supérieur, le Dieu Changeant, qui utilise et jette les corps au gré de ses besoins, vous affrontez une entité obscure dans le labyrinthe de votre esprit fragmenté en poursuivant votre mémoire perdue. Un prélude tourmenté qui propulse le joueur dans un univers fantastique et merveilleux à l’imagination débridée, explorant les vestiges ou Numéneras des précédentes civilisations.

Perdu dans le labyrinthe de vos pensées
Perdu dans le labyrinthe de vos pensées

Si vis pacem para bellum … ou pas

S’il est bien une chose qui ne s’est pas altéré pas avec le temps passé à attendre, c’est le caractère profondément littéraire et travaillé du monde de Torment, tout doit être raconté et décrit, vécu et imagé. Le moindre mécanisme est prétexte à une narration poussée dans laquelle vous revivez vos anciens souvenirs à travers d’épais murs de texte. Vous êtes le héro et vous pouvez affirmer vos choix, vous allez devoir lire énormément et souvent, et vous allez aimer ça.

Ange ou démon
Ange ou démon
Machine ou humain
Machine ou humain

La version française voit ses dialogues finement travaillés, malgré quelques erreurs qui se glissent sur certaines des milliers de pages de texte. Les plus pointilleux noteront l’absence de doublage français, bien qu’il fusse superflu si on considère l’aspect anecdotique et redondant des dialogues vocaux et leur peu d’importance comparé aux interactions écrites.

Un version française bien travaillée
Un version française bien travaillée

Les quêtes s’accumulent rapidement se répondant l’une à l’autre dans un enchevêtrement complexe mais structuré. En terme de résultat, parfois même un échec peut être une réussite, vous arriverez toujours à votre but, même si le chemin n’est pas celui que vous avez choisi. Bien que l’on puisse finir le jeu sans sortir les armes avec un peu de réflexion, les joueurs les plus belliqueux seront cependant vite déçus, la plupart des situations se règlent par la discussion et le dialogue, les combats ne se déclenchent que lorsque l’intention du joueur le mène dans ce péril, point de territoire hostile sauf pour celui qui cherche la guerre. Et c’est la, malheureusement, que la douce lune de miel avec TToN prend fin.

 

On hérite d’un système de combat en tour par tour dirigé par une frise d’initiative qui n’a guère évolué depuis son prédécesseur, l’IA est à la ramasse et le pathfinding aussi bien des alliés que des ennemis est chaotiques et conduit parfois à des situations de blocage, le tout est brouillon et décevant. Les mages restent facilement à distance sans jamais être inquiétés, les guerriers encaissent facilement le peu de dégâts que les ennemis sont susceptibles de faire, le tout est encore simplifié par le système de consommables ou cyphers,  trop puissants et abondants. Le système de Crise vanté lors des phases de financement du jeu, qui permet de gérer les situations périlleuses par des solutions alternatives présentes dans l’environnement ( une porte séparant les combats, un adversaire isolé qui se rendrait ou un système de sécurité assommant l’ennemi ), n’existe que dans une maigre poignée de rencontres et n’offre pas de réel plus-value.

Gestion de crise
Gestion de crise

Mais si on ne combat pas on fait quoi ? Tout d’abord on crée son personnage en choisissant parmi 3 classes, Glaive ( guerrier ), Jack ( polyvalent ), Nano ( mage ) pour partir à l’aventure avec vos 3 compagnons choisis parmi 6 débloqués au fur et à mesure des rencontres de la première zone, puis on  entre rapidement dans l’univers riche des personnage et des environnements qui peuplent Torment ; Tides of Numenera.

Et on commence à discuter et on le fait beaucoup, ce qui modifie le Flux ( Tides en anglais ) de votre personnage, parmi les 6 possibles, allant du Bleu du savant, au Rouge du zélote en passant par l’Or du philanthrope, cette jauge évoluera au fur et à mesure de votre aventure sans malheureusement avec d’influence qu’à un ou deux moments précis de l’histoire, provoquant le mutisme d’un marchand ou débloquant un dialogue sur un autre. Ce manque de retour sur la ‘ couleur ‘ de nos réponses est assez vite frustrant et on se surprend parfois à ne même plus lire les choix juste pour avancer plus vite. On ne fait tout de même pas que discuter me direz-vous, eh bien si principalement mais certains éléments sont moins prolixes que d’autres, vous avez essayer de discuter avec un rocher ? Ou une machine antique ? c’est alors que le système d’effort prend tout son sens, chaque personnage possède 3 jauges d’effort, puissance, célérité et intellect qu’il peut investir dans tel ou telle action pour augmenter ses chances de réussite, mais rien n’empêche le joueur de tenter sa chance en persuadant un alien avec 55 % de chance. Lors de la progression du personnage il est possible d’augmenter la réserve de point dans chaque jauges mais aussi d’obtenir d’avoir des avantages  qui diminuent les coups en effort de chaque action. Et c’est à peu prêt tout, le gameplay reste assez simple et proche d’une expérience de jeu de plateau.

 

D’Asimov au livre de gare

L’émerveillement des premières heures de jeu, de la découverte de cette myriade hétéroclite de paysages, quêtes, histoires, environnements, personnages, créatures de la première zone s’éteint au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu, qui perd progressivement en profondeur et en ampleur. Une fois qu’on aborde la seconde zone, la qualité scénaristique et la richesse des quêtes se trouve sévèrement réduites, on rentre dans une certaine platitude et on se sent moins impliqué dans la découverte du monde et ses mystères, puis on glisse lentement au bout de quelques heures vers la fin du scénario sans véritable grandeur.

Le jeu nous offre une trentaine d’heures en sa compagnie ( ce qui est très peu pour les habitués du genre ), et nous laisse sur notre faim. Bien que le jeu aborde avec brio son héritage et tous les mystères qui l’entoure, on sent très vite que l’énergie du studio s’est concentrée sur le premier chapitre, les coupes qui ont été faites dans l’histoire mais aussi les différents reports qui ont retardés la sortie du jeu. Les efforts mis au début du jeu ne dissipe rapidement et plus on avance moins on se sent impliqué dans l’univers de Torment et moins le jeu s’adresse au joueur, pour finalement perdre son attention et son intérêt que l’on avait si habilement stimulé au début.

Un arrière goût désagréable

On est face à une copie difficile à juger, il aurait certes fallu que l’ensemble soit bien plus homogène et accompagné d’un système de jeu plus efficace, mais on passe un moment d’une rare intensité et qualité pendant la première moitié du jeu, et le manque d’action quasi total de cette partie passe inaperçu tant TToN arrive à nous impliquer en son sein. Le problème survient dans cette seconde moitié, tout se déséquilibre, toutes vos actions ont 100 % de réussite avec le personnage adapté en ne déboursant qu’un point d’Effort, les combats sont affligeants de simplicité et aucun dialogue ne vous donne vraiment de choix totalement clivant. Le tout aurait mérité une petite année de développement supplémentaire pour permettre aux développeur de nous offrir un ensemble construit et travaillé sur toute l’aventure et hissé ce jeu au rang des légendes qui l’ont inspirées et précédées.

Torment : Tides of Numenera  est un excellent repas servi dans des assiettes en carton avec des couverts en plastique se terminant avec un dessert de supermarché discount … et on ne peut que le regretter. Les habitués du genre loueront les qualités de la première moitié du jeu et seront déçus de la seconde, les moins habitués seront submergés par le volume de texte tout en s’en désintéressant au fur et à mesure de la progression.

Torment: Tides of Numenera (Jeu vidéo)


Fabricant: Techland
Classement ESRB:
Plate-forme: PlayStation 4
Genre: jeux_de_rôle

Prix: EUR 25,28
Neuf à partir de: EUR 22,19 En stock
D’occasion à partir de: EUR 21,38 En stock

A propos de Reogar

Rédacteur / Ancien gros farmeur de MMO, explorateur invétéré des RPG et tacticien des STR

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